Les 4 Soft Skills à développer absolument
Vous n’avez pas encore entendu parler des Soft Skills ? Il est temps de vous mettre à jour si vous voulez briller en entretien ! « Soft Skills » c’est le nouvel anglicisme à la mode dans le milieu du recrutement, et il est fort probable que cette mode soit durable ! Pourquoi ? Parce que au-delà du côté risible de la tendance se cache une question primordiale pour les entreprises et les humains qui la composent : comment travailler
bien ensemble ?
En effet, après avoir expérimenté différents modes de management au cours des siècles, les travailleurs de nos sociétés démocratiques aspirent de plus en plus à des ambiances de travail agréables et constructives. Et, si les dirigeants d’entreprise ne sont pas toujours convaincus de l’intérêt de ce mode de travail, ils ne peuvent nier que la réussite de l’entreprise dépend grandement des humains qui la composent, et surtout de leurs comportements. Ils en viennent donc naturellement à placer les soft
skills (comprenez « compétences douces ») au centre de leurs attentes.
Pour vous aider à naviguer dans ces eaux troubles du recrutement, j’ai donc eu envie de partager avec vous mon point de vue sur ces fameux Soft Skills, et de vous donner quelques astuces pour éviter les pièges et transformer le sujet en opportunité.

Les soft skills les plus demandés, attention danger !

L’avantage d’utiliser une expression comme « soft skills », c’est qu’elle veut tout dire et rien dire. En effet, les soft skills sont les compétences comportementales des êtres humains. Autant dire qu’il y en a des milliers !
Cependant, quand vous faites des recherches sur le sujet, vous vous rendez compte que dans le milieu du recrutement, cette expression fait référence à une petite poignée de compétences bien spécifiques. Et d’où sort cette sélection ? De différentes études et enquêtes, comme celle du World Economic Forum de 2018 qui recense notamment les compétences les plus recherchées par les entreprises d’ici 2022. (cf. rapport http://www3.weforum.org/docs/WEF_Future_of_Jobs_2018.pdf)
Au top 7 des compétences douces recherchées, on retrouve donc:
1) La pensée analytique et la capacité d’innovation,
2) La volonté d’apprendre et la capacité à apprendre,
3) La créativité, l’originalité et le sens de l’initiative,
4) L’esprit critique,
5) La capacité à résoudre des problèmes complexes,
6) Le leadership et l’influence sociale,
7) L’intelligence émotionnelle.
Bien sûr, chaque spécialiste peut ajouter à cette liste toute une panoplie de jolis concepts comme l’esprit d’équipe, l’esprit d’entreprendre, l’adaptabilité,…

Evidemment, quand on lit une telle liste, on peut comprendre l’intérêt d’avoir de telles recrues dans ses équipes ! Et cette attention aux compétences comportementales des collaborateurs d’une entreprise part d’une bonne intention, après tout, cela parle de l’envie de travailler avec des personnes à la fois performante et agréable à vivre au quotidien, qui peut être blâmé d’émettre ce souhait ?
Cependant, une telle démarche présente aussi des risques de dérive… En effet, recruter quelqu’un sur ses capacités est une chose, demander à quelqu’un d’adopter systématiquement un comportement associé subjectivement à cette capacité en est une autre. Je développe d’ailleurs ce sujet des risques dans un autre article dédié à la face sombre des soft skills. Mais pour vous faire votre propre avis, je vous encourage à lire la suite de l’étude du WEF qui aborde le niveau de confiance des entreprises dans le fait de pouvoir ou non former leurs salariés actuels à ces fameuses compétences douces. Je vous encourage donc à être prudent lors de votre
recrutement sur les compétences que vous choisirez de mettre en avant ou non, il en va de votre sérénité professionnelle. Je vous invite à lire cet autre article sur le sujet des soft skills pour comprendre ce que je veux dire.

Le véritable intérêt des soft skills
Au-delà de la polémique sur les risques de dérive, je voudrais ici me concentrer sur le véritable intérêt des soft skills, à la fois pour le salarié et pour l’entreprise. Je crois qu’il y a, dans cette quête de capacités douces, une véritable opportunité à saisir. Si l’on se place du point de vue du candidat, pour commencer, je trouve qu’avoir la possibilité d’être recruté ou non en fonction de ses capacités comportementales est une façon de nous aider à choisir la bonne entreprise, le bon contexte pour Soi. Je peux ainsi rester fidèle à ma nature lors des entretiens pour avoir le plus de chance possible de me sentir bien dans mon environnement de travail ensuite. Ainsi, si je suis d’une nature particulièrement discrète et que le recruteur cherche explicitement un beau parleur, je m’épargnerai beaucoup de souffrance (et de temps !) en refusant le poste.

De l’autre côté, si l’on se place du point de vue de l’entreprise, sélectionner des candidats qui font preuve de savoir-être compatibles avec le travail qui va leur être demandé semble être une clef incontournable pour des recrutements durables et de bonnes performances. La difficulté réside surtout, à mon sens, dans l’évaluation du type de soft skills requis pour un poste. En effet, chaque type de poste demande des capacités comportementales différentes et je ne suis pas certaine, malgré toutes les
théories sur le sujet, que nous soyons véritablement au point sur le sujet.

Le véritable intérêt des soft skills m’apparaît donc être cette recherche de
compatibilité entre un environnement de travail et un individu. De cette façon, même si les « top 10 » sont construits sur les besoins généraux à venir dans les entreprises, il faut garder en tête qu’il y aura toujours des besoins pour d’autres types de soft skills sur des postes moins nombreux mais dans lesquels vos soft skills à vous seront certainement précieux. Je vous encourage donc à rester cohérent avec ce que vous êtes pour éviter les mauvaises surprises et favoriser votre épanouissement professionnel, ainsi que celui de vos futurs collègues de travail !

Mettre toutes les chances de son côté en développant ses soft skills de base
Dans le détail, il est donc important de laisser vos qualités et vos défauts vous mener vers les postes où ils seront adaptés. Si par exemple vous êtes du genre à avoir mille idées à la seconde tout en peinant à les mettre en œuvre, il vous vaudra mieux un poste dit de « réflexion » qu’un poste dit « d’action », même si dans votre imaginaire, les postes « d’action » seraient plus ceci ou cela, vous y seriez surement bien malheureux !

Ceci étant posé, tous ces soft skills cités ici et là ont en commun une base de
capacités qui semblent être bien utiles, lors des recrutements mais aussi dans la vie quotidienne, au travail comme ailleurs. Ces capacités-là, je ne peux que vous inciter à les développer pour vous permettre d’adapter votre comportement aux différentes situations en fonction de vos objectifs.

Je compte ainsi 4 capacités essentielles qu’il fait bon développer pour se sentir mieux dans sa vie :

  • La capacité à se faire suffisamment confiance pour agir,
  • La capacité à gérer son temps pour réaliser ce qui nous tient à cœur,
  • La capacité à communiquer en toute circonstance pour faire entendre ses besoins et construire à plusieurs,
  • La capacité à réguler son stress et sa motivation pour se sentir bien dans la durée.

Développer ces capacités ne suppose pas d’adopter ensuite un comportement parfait qui répondrait à une norme. Développer ces capacités permet simplement de se placer dans une posture d’adulte responsable qui peut adapter son comportement en fonction de ses objectifs, de ses besoins et de ce que l’environnement exige. Par exemple, savoir dire calmement ce qui ne nous convient pas peut être utile quand on discute tranquillement d’une décision à prendre avec nos collègues. Mais cela n’empêche pas de pouvoir hausser la voix si c’est le seul moyen de se faire entendre à un moment donné.

Ce qui me semble important dans ces capacités, c’est le panel de possibilités
comportementales qu’elles nous offrent pour faire face à la vie, notamment la vie professionnelle, voyons un peu plus en détail :

  • Si je développe ma capacité à me faire confiance, je peux aller en entretien avec un discours clair et structuré qui présente mon parcours dans sa cohérence, pour un poste qui est en lien avec mes compétences. Cela ne m’oblige pas à étaler pompeusement mes réussites. Cela me permet juste de faire les choses qui sont importantes pour moi et de laisser de côté les autres, dans une vraie logique de choix.
  • Si je développe mon aptitude à gérer mon temps en fonction des objectifs que je me fixe et en respectant ma personnalité, alors je peux goûter à la satisfaction d’avoir réalisé ce qui figurait sur ma « todolist » tout en ayant sélectionné préalablement ce qui devait y être inscrit. Cela ne m’oblige pas à rendre systématiquement mon travail dans les temps ou à contrôler chaque minute que je dépense dans ma vie. Cela me permet juste d’optimiser mon emploi du temps pour y inclure ce qui compte pour moi et m’assurer de vivre ce temps que je traverse avec un degré de présence suffisant pour moi.
  • Si je développe ma faculté à communiquer avec les autres quelle que soit leur humeur ou le type de message que je veux transmettre, alors je peux être acteur de l’ambiance dans laquelle je baigne au travail plutôt que de la subir. Cela ne m’oblige pas à peser systématiquement mes mots ou à faire taire mes émotions. Cela me donne juste le pouvoir d’ajuster ce que je vais dire et la façon dont je vais le dire en fonction de ce que je veux obtenir comme résultat.
  • Si je développe ma capacité à réguler mon niveau de stress et mon niveau de motivation, alors je serai en mesure partir de chez moi le matin avec entrain et de rentrer le soir avec satisfaction. Cela ne signifie pas que je serai toujours au top de ma forme, cela me permettra simplement de créer les circonstances de mon épanouissement et de travailler à son apparition en agissant sur des
    facteurs qui ne dépendent que de moi.

Vous l’aurez compris, en matière de soft skills, je ne pense donc pas qu’il soit utile de déguiser la vérité sur nos capacités naturelles, encore moins de se forcer à adopter des comportements supposés attendus mais antinomique avec nos ressentis. Je pense en revanche qu’il est utile – et agréable – d’apprendre à développer quelques soft skills clés pour moduler nos comportements en fonction des besoins, et ainsi vivre mieux notre quotidien !


Annabelle Plenier, coach Cap Cohérence